Le monde terrifiant de l’audit vu depuis les coulisses
C’est un témoignage poignant que nous livre ici un ancien auditeur de PricewaterhouseCoopers Paris (PWC), depuis ses débuts au sein de ce redoutable cabinet d’audit jusqu’à la déchéance finale et la dépression qui s’en suivit. Ce livre, “Mémoires d’un tickeur (qui s’en est sorti)” il l’a voulu vrai et crû, pour éviter que d’autres, comme lui, reproduisent les mêmes erreurs. Une plongée au cœur de l’horreur
Charles-Antoine V. pensait avoir tout pour lui. Depuis qu’il était petit, ses parents ne cessaient de lui répéter qu’il était doué, vif et intelligent, et qu’en conséquence il ferait de brillantes études et finirait, qui sait, par faire fortune.
Hélas, nous vivons dans un monde cruel, et le commun des mortels ne partage généralement pas la bienveillance de nos chers parents. Le petit Charles-Antoine en a ainsi fait les frais.
Une fois qu’il eut laborieusement terminé son cursus, en se plantant évidemment au passage autant de fois qu’il était légalement permis, le dur choix de la carrière qu’il aurait à embrasser finit par se poser. Enfin le choix, c’est beaucoup dur. En arrivant royalement parmi les 5 derniers de sa promo, il sentit instinctivement que, plus encore que les autres, la recherche d’un emploi n’allait pas aller de soi. Il envoya pourtant moultes CV (mal formatés, bourrés de fautes), de lettres de motivation (pompeuses, à la limite de l’arrogance), passa nombre de coups de téléphone (sans jamais passer la barrière de la réceptionniste) et essuya donc, jour après jour, refus sur refus.
Alors qu’il commençait à perdre espoir et pensait tout doucement à s’engager dans la légion, il tomba sur une annonce de PWC concernant le recrutement d’auditeurs financiers débutant. Apparemment, il correspondait au vague profil demandé (un truc passe partout, tant qu’on a un diplôme et qu’on est « dynamique » on est le bienvenu). Il postula, donc. Et, ô joie, il fut enfin convoqué à un entretien d’embauche. Son premier ! Il se présenta donc dans les somptueux bureaux de Neuilly-sur-Seine, se planta évidemment en beauté lors de son interview, en commettant toutes les fautes les plus grasses et crasses décrites dans les livres sur le sujet (qu’il n’a évidemment jamais lus), sortit de l’entretien très confiant, et, évidemment, il fut pris ! La bosse des RH lui téléphona un soir (vers 21h) pour lui apprendre qu’il était pris et qu’il commençait la semaine prochaine.
Nous passerons sur la semaine en question, partagée entre bitures (pour fêter l’événement), et recherche d’un appartement potable sur Paris (inutile, il dut se rabattre comme tout le monde en périphérie). C’est fier et confiant, avec un air suffisant et un beau costar sombre que Charles-Antoine se présenta à son premier jour de travail. Cela avait été dur et laborieux, mais enfin il avait réussi. Enfin il avait un pied dans l’entreprise. Et à partir de là, foi de Charles-Antoine, il était bien décidé à se frayer un passage à coup de poings, de pieds et de tête jusqu’au sommet de l’échelle ! Il avait décidé de réussi, et rien ne pourrait l’arrêter.
Evidemment, il ne tarda par à déchanter. Mais nous en parlerons dans un prochain article…
Article initialement paru dans le figaro littéraire
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January 13th, 2007 at 5:05 pm
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